Le diacre ou l’Eglise dans le monde.

 

Quelle serait la raison d’être de notre ministère, ainsi que notre joie de croire, et de proclamer bien haut que chacun est appelé à un  « monde nouveau » ,  si nous n’étions pas «  les pieds dans la glaise » ?

 

« Les pieds dans la glaise » qu’est-ce au fond ? C’est là où nous vivons, au quotidien, avec nos frères et sœurs en humanité.

 

C’est au travail, c’est sûr pour nous diacres, mais aussi dans tous nos lieux de vie.

C’est là que nous sommes attendus, c’est là que l’Eglise nous envoie, comme pour dire à chacun : par son Eglise, par son Magistère, pour le Service, Dieu nous envoie vers toi car il se soucie de toi, personnellement ! Mais j’ai aussi besoin de toi, moi, diacre !

 

Alors c’est le marché du samedi où l’on croise des têtes plus ou moins connues. Elles nous interpellent, nous parlent de leurs soucis et de leurs joies, nous écoutent aussi et nous aident à donner un supplément d’âme à toutes nos rencontres.

 

Puis, c’est dans notre quartier, immergés dans la même vie sociale, scolaire, associative, communale, politique, où se jouent heurs et malheurs, où sans rien dire peut-être, mais par notre seule présence nous participons à la vie de tous. Ils nous reconnaissent comme « signe ». De quoi ? Au nom de qui ? Ca n’est pas toujours clair et explicable, mais ils sentent bien que nous sommes là pour eux, et gratuitement ! De cette gratuité qui nous ouvre à l’amour infini de Dieu pour tous.

 

Un souci, et ils nous appellent. Un deuil et ils le partagent ! Une joie et ils nous invitent à la fêter.

 

Ils nous demandent d’être vrais, de dire vrai, et d’être de vrais disciples de ce Jésus-Christ que nous suivons, en étant ce que nous sommes, et non ce que nous voudrions être !

 

Le plus riche de nos témoignages, c’est certainement celui que nous donnons lorsque nous nous sommes faibles, limités avec peu d’ambition, peu de moyens…en tout cas ce n’est certainement pas lorsque nous courrons les honneurs, les premières places bien en vue !

 

Le plus riche de nos témoignages c’est lorsque nous rejoignons vraiment l’autre et que l’autre nous rejoint ! Nous faisons « exister » et on nous fait « exister », être unique et irremplaçable aimé de Dieu, tel quel, « brut de décoffrage », pour avancer sur le chemin de la joie totale, la joie du Royaume !

 

Un jour vient où nous sommes à table avec tout le troisième âge. Nous sommes attendus, toutes tendances politiques confondues, toutes origines mêlées…nous sommes attendus, oui, pour que nous délivrions ce message d’amour pour tout homme que Dieu nous a confié. Ils le sentent, ils le savent !

 

Alors que l’Esprit Saint entre !

 

Jacques Dovèze

Octobre 2008

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